La colocation : bail unique, baux multiples, solidarité

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

En bref

  • Deux formes : bail unique signé par tous, ou baux individuels (un par colocataire).
  • La clause de solidarité ne peut survivre que 6 mois après le congé du colocataire partant.
  • Un contrat-type spécifique « colocation » existe (décret 2015-587).

Le cadre légal

La colocation est définie à l'article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989 comme la location d'un même logement par plusieurs locataires, constituant leur résidence principale. Elle peut prendre la forme d'un bail unique ou de baux multiples, selon le choix du bailleur.

Bail unique ou baux individuels

Bail unique. Tous les colocataires signent un même contrat. Ils sont titulaires d'un seul bail et chaque colocataire peut occuper l'ensemble du logement. Le bail unique fait souvent intervenir une clause de solidarité (voir ci-dessous), qui rend chaque colocataire engagé pour le tout.

Baux individuels. Chaque colocataire signe son propre bail, portant sur une chambre privative et l'usage des parties communes. Chaque bail est indépendant : le départ d'un colocataire n'affecte pas les autres. Cette forme est plus rare en location particulière, mais courante en résidence étudiante. Le loyer total ne peut excéder le loyer applicable au logement entier (article 8-1).

Clause de solidarité

Lorsque le bail unique contient une clause de solidarité, chaque colocataire est tenu de payer la totalité du loyer et des charges en cas de défaillance des autres ; le bailleur peut s'adresser à l'un quelconque pour le tout. Cette clause est en pratique systématique.

L'article 8-1, IV limite la durée de cette solidarité après le départ d'un colocataire : la solidarité du colocataire qui a donné congé prend fin 6 mois après la date d'effet du congé, ou plus tôt si un nouveau colocataire est inscrit au bail dans cet intervalle. Toute clause prévoyant une durée plus longue est réputée non écrite.

Bon à savoir. Le ou la conjoint(e) du colocataire qui n'est pas signataire n'est pas tenu(e) au paiement, sauf si le couple est marié (solidarité légale au titre du logement de la famille — article 220 du Code civil).

Départ d'un colocataire

Un colocataire peut donner son propre congé à tout moment, dans les mêmes conditions qu'un locataire isolé (préavis de 3 mois en vide, 1 mois en zone tendue ou en meublé). Voir Congé et préavis.

Son départ ne met pas fin au bail des autres colocataires. La solidarité prévue au contrat continue, dans la limite des 6 mois indiqués ci-dessus.

Le partage du dépôt de garantie n'est pas réglé par la loi : à défaut d'accord entre colocataires sortants et entrants (avec le bailleur), il est rendu en fin de bail à tous les signataires d'origine, lors du départ du dernier d'entre eux.

Assurance et charges

L'assurance habitation est obligatoire (article 7g). En colocation à bail unique, une seule assurance peut couvrir l'ensemble des colocataires si elle le prévoit ; en baux individuels, chaque colocataire doit souscrire la sienne.

Pour les charges récupérables, la répartition entre colocataires est libre (souvent par parts égales). En cas d'impayé, le bailleur peut s'adresser à l'un d'eux au titre de la solidarité.

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