Le bail de location : types, durée et clauses

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

En bref

  • Le bail doit être écrit et conforme à un contrat-type fixé par décret.
  • Bail vide : 3 ans (bailleur particulier) ou 6 ans (personne morale).
  • Bail meublé : 1 an, ou 9 mois pour un étudiant (non renouvelable tacitement).
  • Bail mobilité : 1 à 10 mois, non renouvelable, public limité.

Le cadre légal

Pour un logement loué à titre de résidence principale, le bail est régi par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Les articles 3 et 4 fixent la forme et le contenu du contrat. L'article 10 fixe sa durée minimale pour un bail vide, l'article 25-7 pour un bail meublé, et les articles 25-12 à 25-18 pour le bail mobilité.

Le contrat doit obligatoirement reprendre le contrat-type annexé au décret n° 2015-587 du 29 mai 2015. Trois modèles existent : location nue, location meublée et location meublée à usage de résidence principale d'un étudiant. Ces modèles sont disponibles gratuitement sur Service-Public.fr.

Les trois types de bail

Il existe trois régimes pour la location à usage de résidence principale, plus la colocation qui suit son propre régime.

TypeLogementDuréePréavis locataire
Bail videLogement non meublé3 ans (bailleur particulier) — 6 ans (personne morale)3 mois — 1 mois en zone tendue ou cas de réduction
Bail meubléLogement avec les 11 équipements du décret 2015-9811 an — 9 mois étudiant1 mois
Bail mobilitéLogement meublé, public éligible (article 25-14)1 à 10 mois, non renouvelable1 mois
Bon à savoir. En l'absence d'écrit, le contrat reste valable mais difficile à prouver. Le locataire peut exiger à tout moment la rédaction d'un bail écrit (article 3 de la loi de 1989).

Durée et renouvellement

Le bail vide a une durée minimale de 3 ans lorsque le bailleur est une personne physique ou une SCI familiale, et de 6 ans lorsque le bailleur est une personne morale (société, association). Le bail meublé classique a une durée d'un an ; il est ramené à 9 mois lorsque le locataire est un étudiant, et n'est alors pas reconduit tacitement.

À l'arrivée du terme, le bail est reconduit tacitement dans les mêmes conditions, sauf congé délivré par l'une des parties (voir Congé et préavis). Le bailleur peut, dans son congé délivré au moins 6 mois avant le terme (3 mois en meublé), proposer un nouveau bail à des conditions modifiées (loyer, durée).

Pour le bail mobilité, la durée est librement fixée entre 1 et 10 mois. Le bail n'est ni renouvelable, ni reconductible tacitement. Si le locataire reste dans les lieux à l'issue du contrat, un nouveau bail est conclu, mais en bail meublé classique de 1 an.

Contenu obligatoire du bail

L'article 3 de la loi de 1989 énumère les mentions obligatoires que doit contenir le bail :

  • Le nom et le domicile du bailleur (et le cas échéant, du mandataire).
  • La date de prise d'effet et la durée du contrat.
  • La consistance, la destination et la surface habitable du logement.
  • Le loyer, ses modalités de paiement, les règles de révision (clause d'indexation à l'IRL).
  • Le montant du dépôt de garantie, s'il est prévu.
  • Le montant du dernier loyer payé par le précédent locataire, en zone d'encadrement.
  • La nature et le montant des travaux effectués depuis le départ du dernier locataire.

Doivent en outre être annexés au bail : le dossier de diagnostic technique (DPE, plomb, amiante, électricité, gaz, ERP), une notice d'information sur les droits et devoirs des parties, l'état des lieux d'entrée, et l'inventaire pour les meublés.

Clauses interdites

L'article 4 dresse la liste des clauses qui sont réputées non écrites, c'est-à-dire sans effet, même si elles figurent dans le contrat. Parmi les plus courantes :

  • L'interdiction d'héberger des proches.
  • L'interdiction de détenir un animal familier (sauf chiens de 1re catégorie).
  • L'obligation de souscrire une assurance ou un contrat d'entretien auprès d'un prestataire imposé par le bailleur.
  • L'autorisation pour le bailleur de prélever directement le loyer sur le salaire.
  • La résiliation automatique pour un motif autre que le non-paiement du loyer, des charges, du dépôt de garantie, ou le défaut d'assurance.
  • La solidarité de tous les colocataires sans limite de durée après le départ d'un colocataire.
  • L'imputation au locataire de réparations qui relèvent du bailleur (article 6).
  • Les frais de relance ou de recouvrement à la charge du locataire en cas d'impayé.

Que faire en cas de litige

Si une clause vous paraît abusive, vous pouvez l'écarter en invoquant l'article 4 : elle n'a tout simplement aucun effet. En cas de désaccord persistant, vous pouvez :

L'action portant sur la révision du loyer se prescrit par 1 an. Les autres actions liées au bail se prescrivent par 3 ans à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits (article 7-1).

Avertissement. Cette page fournit une information juridique générale. Pour un avis sur votre situation, contactez votre ADIL (gratuit) ou un avocat.